Comment bien te préparer pour ton entretien explort ?

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Tu as franchi une première étape importante en déposant ta candidature au programme explort. L’équipe a analysé ton dossier et, si celui-ci correspond aux attentes, tu seras invité à l’entretien de sélection. Si c’est le premier de ta vie, il y a de fortes chances que tu ne saches pas trop à quoi t’attendre. Bonne nouvelle : ce n’est pas un oral de rattrapage. Mais attention, ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien à préparer. L’entretien sert avant tout à vérifier que tu es la bonne personne pour représenter une entreprise ou l’AWEX à l’étranger — et pour ça, le jury va chercher à savoir si tu t’es vraiment mis·e dans la peau du rôle qui t’attend. Ça, ça se prépare.

Comment bien te préparer pour ton entretien explort ?

Ce que le jury cherche vraiment

Oublie l’idée du candidat parfait. Le jury ne s’attend pas à ce que tu sois un expert du commerce international ou que tu aies déjà travaillé à l’export. Ce qu’il cherche, c’est quelque chose de plus précis : est-ce que tu as une idée claire de ce que sera ta mission ? Est-ce que tu comprends ce qu’on attend concrètement d’un stagiaire explort — et est-ce que tu te vois vraiment le faire ? La question implicite que se posent les membres du jury est toujours un peu la même : « Est-ce que je pourrais mettre ce candidat face à une entreprise ? » Autrement dit : est-ce qu’il ou elle est capable de représenter l’AWEX de manière crédible, de comprendre les besoins d’un interlocuteur professionnel, et de s’adapter à un environnement qu’il ou elle ne connaît pas encore ? C’est pour ça qu’un candidat qui dit honnêtement « je n’ai pas encore d’expérience dans ce domaine, mais voilà comment je comprends la mission et comment je compte m’y préparer » sera souvent plus convaincant qu’un candidat qui récite des réponses bien formées sans vraiment les habiter.

Travailler ton anglais… sans négliger les bases

L’anglais est souvent la partie qui fait le plus peur. Et le test est structuré en deux temps, ce qui implique deux types de préparation bien distincts. La première partie se passe à l’écrit, sur ordinateur. Elle évalue ta grammaire, ton vocabulaire — y compris le vocabulaire professionnel — et ta compréhension. C’est la partie la plus « scolaire » du test, et elle mérite une vraie révision. Retravailler les temps, les structures de phrase courantes en contexte professionnel, et se familiariser avec le lexique de l’entreprise et du commerce international n’est pas du temps perdu. Des ressources comme des exercices de vocabulaire B1-B2 orientés business, ou des annales de certifications type Cambridge, peuvent t’aider à cibler l’essentiel.

La deuxième partie est orale — et là, la logique est différente. Le niveau attendu, B1 minimum, correspond à quelqu’un capable de tenir une conversation simple, de se présenter, d’expliquer une situation, de poser une question. Pas d’un traducteur ou d’un négociateur international. Pour cette partie, l’entraînement à l’écrit ne suffit pas : il faut parler. Chaque jour, pendant dix minutes, parle anglais à voix haute. Présente-toi. Explique pourquoi tu veux partir à l’étranger. Décris une expérience récente. L’objectif, c’est de t’habituer à chercher tes mots en temps réel, pas sur papier. En parallèle : passe ton téléphone en anglais, écoute des podcasts courts, regarde une série sans sous-titres. Pas pour devenir bilingue en deux semaines, mais pour que la langue soit moins étrangère à ton oreille le jour J. Ce qui compte à l’oral, c’est que tu sois compréhensible, à l’aise, et que tu montres que tu peux fonctionner dans un environnement anglophone.

Te glisser dans une posture professionnelle

Pour beaucoup d’étudiants, l’entretien explort est le premier vrai contact avec un cadre professionnel. Et ça peut désorienter — pas parce qu’on manque de compétences, mais parce qu’on n’a pas encore les réflexes qui vont avec. Une image utile : imagine que tu rencontres un client ou un partenaire pour la première fois. Pas un ami, pas un prof — quelqu’un à qui tu dois donner envie de travailler avec toi. Tu restes toi-même, mais tu fais attention à certaines choses.

À commencer par la tenue. Le business casual est le dress code idéal pour ce type d’entretien : pantalon chino ou droit, chemise, blouse ou pull soigné, chaussures propres. Ni le costume trois pièces qui peut sembler forcé, ni le jean et les sneakers qui enverraient le mauvais signal. L’idée, c’est de montrer que tu as conscience d’entrer dans un univers professionnel — et que tu t’y es préparé·e. Mais la tenue ne fait pas tout. Une posture ouverte, un regard qui montre que tu es là, un discours structuré quand on te pose une question : ce sont ces signaux combinés qui parlent pour toi avant même que tu aies fini ta première phrase. Ils montrent que tu es capable de représenter une organisation à l’étranger — et c’est exactement ce que le jury essaie d’évaluer.

Comprendre le programme dans lequel tu t’engages

C’est probablement le point le plus sous-estimé par les candidats : connaître explort. Non, tu n’as pas besoin de maîtriser les rouages du commerce international. Mais si on te demande « pourquoi explort ? » et que tu ne sais pas vraiment ce qu’est l’AWEX, ni quel type de missions les stagiaires réalisent, c’est un signal qui parle aussi — dans le mauvais sens. Prends une heure pour explorer le site, lire des témoignages de stagiaires, comprendre dans quel contexte tu interviendras. Essaie ensuite d’expliquer avec tes propres mots pourquoi une entreprise wallonne peut avoir besoin d’une présence à l’étranger, et en quoi tu pourrais être utile dans ce cadre. Ce travail de compréhension fait souvent la différence entre un candidat qui s’est inscrit « parce que ça avait l’air bien » et un candidat qui a réellement réfléchi à ce qu’il vient faire là.

Parler de ta motivation sans tomber dans le vague

« Je suis motivé·e. » C’est la phrase la plus entendue en entretien. Et aussi la moins convaincante, parce qu’elle ne dit rien sur toi en particulier. Le jury ne doute pas que tu sois motivé·e — sinon tu ne serais pas là. Ce qu’il veut savoir, c’est pourquoi. Qu’est-ce que cette expérience représente concrètement pour toi ? Qu’est-ce que tu espères en tirer ? Ça peut être : acquérir une première expérience professionnelle. Découvrir comment fonctionne une entreprise à l’international. Tester ta capacité à te débrouiller seul·e dans un environnement inconnu. Ou simplement sortir de ta zone de confort et te confronter à autre chose. Peu importe la réponse, du moment qu’elle est sincère et construite. Une motivation simple mais honnête — « je veux savoir si je suis capable de m’adapter à un contexte professionnel étranger » — sera toujours plus convaincante qu’une réponse bien formée mais creuse.

Valoriser ce que tu as déjà vécu

Beaucoup d’étudiants pensent ne pas avoir « assez d’expérience » pour un entretien. C’est une fausse croyance, et elle empêche souvent de montrer ce qu’on vaut vraiment. Le jury ne cherche pas des CV impressionnants. Il cherche des preuves que tu sais travailler avec d’autres, t’adapter quand ça ne se passe pas comme prévu, prendre des initiatives, ou tenir un engagement. Et ces preuves-là, elles n’ont pas besoin de venir d’un stage en entreprise.

Un projet de groupe qui a mal démarré, et que tu as aidé à redresser. Un job de caissier un samedi matin après une semaine chargée. Une compétition sportive où tu as dû gérer la pression. Un événement associatif que tu as organisé. Tout ça compte — à condition de le raconter concrètement. Au lieu de dire « je suis quelqu’un d’organisé« , dis « lors de mon job étudiant, je devais gérer les pics d’affluence du week-end avec une seule collègue : j’ai proposé qu’on se répartisse les tâches en avance pour éviter les blocages. » C’est le même message, mais l’un prouve ce que l’autre affirme.

Gérer le stress — sans chercher à l’éliminer

Il y aura du stress. C’est normal, et tu n’as pas à t’en excuser. Ce qui change entre un candidat stressé qui s’en sort bien et un candidat stressé qui décroche, c’est rarement le niveau de compétences. C’est souvent la préparation — parce qu’une bonne préparation transforme les questions inattendues en questions attendues. Anticipe les classiques : présente-toi en deux minutes. Pourquoi explort ? Cite une expérience où tu as dû t’adapter. Où tu te vois dans cinq ans. Entraîne-toi à répondre à voix haute — seul·e dans ta chambre si besoin, ou avec un ami qui joue le jury.
Et le jour J : si tu bloques sur une question, prends le temps de réfléchir. Un silence de quelques secondes pendant lequel tu structures ta pensée est infiniment mieux qu’une réponse bâclée débitée trop vite. Les jurés le savent — et ils l’apprécient.

Préparer des questions à poser

C’est le point que presque tout le monde oublie, et pourtant il compte. À la fin de presque tous les entretiens, on te demandera : « Vous avez des questions ? » Répondre « non, tout est clair » est une occasion manquée. Poser une question pertinente, c’est montrer que tu as réfléchi à l’expérience qui t’attend — pas seulement à l’entretien lui-même. Par exemple : « Quelle est la suite de la procédure ?« , « Y a-t-il des secteurs où les besoins sont particulièrement forts en ce moment ?« , ou encore « Comment faire pour trouver une entreprise ? » Pas besoin d’en avoir cinq. Une ou deux questions bien choisies suffisent largement.

Pour conclure

Réussir un entretien explort — ou n’importe quel entretien de stage ou de premier emploi — ne tient pas à un parcours parfait ou à des réponses répétées cent fois. Ce qui fait la différence, c’est ta capacité à montrer que tu es prêt·e à communiquer, à comprendre un environnement professionnel, à t’adapter, et à apprendre. Ces qualités-là, elles se préparent. Et avec un peu de travail en amont, tu peux aborder cet entretien non pas comme une épreuve à surmonter, mais comme une première étape concrète vers ton expérience à l’international. Bonne chance !